<<mOntevideo, 22 IX 2002 /
Entre las
muchas maneras de combatir la nada, una de las mejores es sacar fotografías
CORTAZAR, Las Babas del Diablo, 1959
Je n'ai jamais connu le
Buenos Aires des années de prospérité.
Le jour ou j'y suis arrivé pour la première fois, le 7 février,
il était déjà trop tard. De La Rua s'était réveillé
tellement tard et avec tant d'empressement qu'il dut quitter la Casa Rosada
en hélicoptère, deux mois plus tôt. J'y suis seulement
resté quelques heures: il me fallait arriver le plus rapidement possible
à Montevideo, ma destination finale. J'ai laissé mon sac à
dos au port et je suis rentré dans la ville, en essayant de me souvenir
des rues que j'empruntais pour retourner au bateau. Je suis resté bouche-bée.
11 heures plus tôt j'étais dans l'hiver parisien, et tout d'un
coup, désormais en plein été, très fatigué,
je me retrouvais assis sur un banc de la Place de Mai, avec ses palmiers brûlés,
qui venait de vivre les moments les plus tragiques de son histoire. Et il
n'y avait personne. Seulement des graffitis, à même le sol, qui
invitaient à se souvenir des morts de décembre.
Je suis retourné trois fois à Buenos Aires. Trois week-ends,
pour visiter un ami français qui vit là bas. A chaque fois je
me suis réservé une après-midi pour retourner dans le
centre. Comme celui de Montevideo (excepté aujourd'hui, journée
du patrimoine national), le centre ville est un quartier mort les jours non
labourables. C'est un endroit désert. Restent seulement deux ou trois
passants, et les oubliés de la crise qui se fondent dans le décor
: les murs.
Au pied
du mur / Les photos présentées ont été prises
dans le microcentro de Baires, -à l'exception de #10,11 et 12:San Telmo,
Lezama, et Palermo respectivement- les 7 février,4 mai,8,14 et 15 septembre
2002
<mAteo>/nicomati@hotmail.com,>>
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